Pourquoi l'escrime ?

L'escrime

Discipline emblématique de l'époque chevaleresque, l'escrime a évolué au fil des siècles vers une pratique sportive, artistique ou de loisir. La fédération française compte aujourd'hui plus de 59.000 adhérents. Nous vous proposons de découvrir l'histoire et les principes de ce sport olympique.

Présentation

L'escrime est un sport de combat d'origine occidentale.
Elle consiste à toucher l'adversaire avec la pointe (estoc) ou le tranchant (taille) d'une arme blanche sur certaines parties du corps (dites "parties valables") sans être touché.

On distingue trois types d'armes, l'épée, le sabre et le fleuret, dont la pratique est mixte.

A noter : l'escrime fait partie des rares sports dont la langue officielle est le français. Dans les compétitions internationales, le français est obligatoirement utilisé pour l'arbitrage en plus d'un code de signes. Les arbitres utilisent notamment les termes En Garde ! Prêts ? Allez ! Halte !

Petite histoire de l'escrime

L'histoire de l'escrime se caractérise par le glissement progressif de l'activité guerrière vers une forme d'art martial puis vers la pratique sportive actuelle.

L'apparition de la rapière au XVème siècle marque le premier pas vers une escrime de loisir.
Cette arme plus fine a révolutionné cette pratique en transformant le duel de force en duel de finesse.
La codification de cette discipline et la définition de ses termes est plus tardive. En France, elle commença à être enseignée par des maîtres d'armes au cours du XVIIème siècle.

Plus tard, ce sport connut un nouvel essor grâce à Pierre de Coubertin, le rénovateur des Jeux Olympiques en 1896.
Les épreuves de fleuret et de sabre individuels figuraient déjà aux premiers Jeux d'Athènes. L'épée masculine devint à son tour une discipline olympique en 1900.
Le fleuret féminin vint s'y ajouter en 1924. En revanche, il fallut attendre 1996 pour que l'épée féminine devienne un sport olympique et 2004 pour que le sabre féminin apparaisse aux JO.

Les règles actuelles ont été définitivement fixées au début du XXème siècle, avec la création de la Fédération internationale d'escrime (FIE).

Les trois armes

L'escrime utilise trois armes différentes qui figurent toutes aujourd'hui dans les compétitions olympiques.
Chacune de ces armes, de forme et de poids différents, se pratique suivant des conventions qui lui sont propres (surface valable, manière de toucher l'adversaire…).
Aux trois armes, il est strictement interdit d'utiliser le bras non armé à quelque fin que ce soit.


Au fleuret, il faut toucher l'adversaire avec la pointe de la lame (estoc).
La surface valable exclut les membres et la tête : la touche doit être portée sur la zone du tronc.
Par ailleurs, les assauts au fleuret sont soumis à des règles de priorité. Pour qu'une touche rapporte un point, il faut que le tireur l'ayant porté ait lancé son attaque ou effectué une parade avant de lancer sa riposte.


L'épée est aussi une arme d'estoc mais les assauts ne sont pas soumis à des règles de priorité : c'est le premier qui touche qui marque le point. La zone valable s'étend sur tout le corps.


Le sabre est une arme de taille et d'estoc : on peut utiliser la totalité de la lame pour porter une touche. La zone valable est le haut du corps (au dessus de la ceinture), y compris le masque. Au sabre, on applique à peu près les mêmes règles de priorité qu'au fleuret.


Les valeurs de l'escrime

Philosophiquement, le respect de l'autre et le courage sont des valeurs primordiales de l'escrime : les tireurs se saluent avant l'assaut, et puis une fois l'assaut terminé ils se remercient l'un l'autre et se serrent la main avant de se quitter. D'ailleurs si l'un des tireurs ne respecte pas cette règle (jette son masque, ne salue pas son adversaire...) il risque une exclusion pour toute la saison.

Intellectuellement, la maîtrise de soi est également à la base de ce sport. Lors d'un assaut, des qualités d'anticipation, d'élaboration d'un projet tactique de précision sont sollicitées en permanence.

Physiquement, l'escrime exige, et contribue à, une grande souplesse, l'acquisition de réflexes et une rapidité dans tous les mouvements. La coordination inter-segmentaire, une grande force statique et explosive au niveau des membres inférieurs associés à de l'endurance, font de l'escrime de compétition l'une des activités sportives les plus éprouvantes. L'escrime contribue à développer et renforcer ces valeurs, dans une harmonie du corps et de l'esprit.


L'équipement d'un tireur

L'équipement des tireurs est composé :

- pour la partie haute, d'un masque avec bavette protégeant le cou, d'une sous-veste (appelée sous-cuirasse), d'une veste, d'une cuirasse métallique sur la veste (au sabre et au fleuret) et d'un gant protégeant la main armée (la manchette du gant est métallique au sabre). Une protection en plastique sous la sous-veste est obligatoire pour les femmes, mais interdite pour les hommes.
- pour la partie basse, d'un pantalon arrivant au genou (appelée culotte), de chaussettes hautes, de chaussures, et accessoirement de protège-tibias (à l'épée).


L'arbitrage

Les épreuves sont jugées à l'aide d'un appareil électrique enregistreur de touches qui permet d'afficher tous les points, grâce à un fil relié au bout de l'arme.
L'appareil électrique dispose de quatre lumières ; la lumière s'allume du côté du tireur qui touche. La lumière verte ou la lumière rouge (chaque tireur a sa couleur) indique qu'une touche valable a été portée. Les lumières blanches (une pour chaque tireur) indique qu'une touche a été porté mais sur une zone non-valable (exclusivement pour le fleuret). Pour l'épée, aucune lumière blanche ne s'allume.
Les escrimeurs sont eux-mêmes reliés au système par le fil tendu grâce aux enrouleurs. Pour juger la matérialité de la touche, seule l'indication de l'appareil de contrôle fait foi. En aucun cas l'arbitre ne peut déclarer un tireur touché sans que l'appareil ait régulièrement enregistré la touche, sauf dans les cas de sanctions (sortie arrière de la piste des deux pieds ou carton rouge pour une faute, (cf. Règlement technique FIE).

À noter qu'à l'époque où n'existaient pas les appareils électriques (pendant les années 1980 il y a eu des compétitions où l'on distinguait par exemple le "fleuret électrique" et le "fleuret mécanique"), l'arbitre était assisté de quatre assesseurs. Chaque tireur était suivi de deux assesseurs (un de part et d'autre de la piste), et ceux-ci observaient les actions de "leur" tireur à l'encontre de celui d'en face.
À chaque "Halte" de l'arbitre, celui-ci demandait leur avis aux assesseurs (qui répondaient en confirmant ou infirmant une touche, ou s'abstenaient). Chacun d'eux avait 1 voix et l'arbitre en avait 1,5 ; l'avis conjoint des deux assesseurs prévalait donc sur celui de l'arbitre.

Il existe des règles très strictes pour les trois armes, en effet en cas de fautes graves ou de manque de respect ou même de violence de la part d'un des escrimeurs envers son adversaire ou de l'arbitre il existe trois cartons pour sanctionner le tireur :
jaune : avertissement (1 seul carton jaune),
- rouge : 1 point à l'adversaire,
- noir : expulsion de la compétition ou interdiction de faire de l'escrime pendant les 2 mois de la saison en cours.

Avant le début du point l'arbitre vérifie la tenue des adversaires